L’État efficace non dogmatique, ni de droite ni de gauche, de M. Legault

Pauline Easton —

Le gouvernement caquiste utilise le subterfuge de l’« État efficace » qui, d’après lui, est non dogmatique, ni de droite ni de gauche. C’est le produit de l’imagination d’une personne qui a en tête de préparer davantage de privatisation des services publics sans que la question soit soumise à l’examen public.

Pour accepter que ce n’est pas « dogmatique» il faut fermer les yeux sur le fait que la privatisation du système de santé est toujours faite au nom du dogme de l’efficacité, bien que les résultats en soient toujours et précisément la crise dans lequel le réseau est plongé aujourd’hui.

Parler d’efficacité sans parler du facteur humain/conscience sociale est dangereux. M. Legault et ses ministres nous donnent des résultats chiffrés à atteindre, des temps d’attente de 90 minutes avant de voir un médecin dans les urgences, ou l’élimination de 1,2 milliard de dollars de « gaspillage » sans préciser comment y arriver. Tout cela est brouillé par la répétition de la déclaration dogmatique que le but est d’être «efficace, non dogmatique, ni de droite ni de gauche». Dans l’histoire, nous avons entendu ce refrain au sujet de l’efficacité de la bouche de ceux qui ont fait les louanges du système fasciste parce qu’il garantissait que les trains arrivent à l’heure. Si vous n’êtes pas dogmatique, M. Legault, pourquoi répéter des formulations dogmatiques au lieu d’écouter les professionnels qui travaillent dans le domaine de la santé et les citoyens et les résidents qui subissent les conséquences des coupures imposées au système de santé au nom de l’efficacité.

La Coalition Avenir Québec n’a jamais caché son intérêt à privatiser en tout ou en partie la Société des alcools du Québec et Hydro-Québec sous prétexte de laisser le marché décider. Dire que cela vise à les rendre plus efficaces, c’est nous prendre pour des naïfs. Les fabulations de M. Legault à l’effet d’être non-dogmatique et «plutôt au centre» vont finir par le rattraper.