Les syndicats de la fonction publique avertissent le gouvernement Legault de ne pas couper de postes dans le secteur public

Pierre Chénier —

Réunis en point de presse le lundi 15 octobre, des syndicats et organisations communautaires ont averti le gouvernement Legault que son engagement de couper 5 000 postes dans le secteur public est inacceptable. Ils ont aussi demandé l’adoption de mesures contre le travail précaire, qui est de plus répandu au Québec comme d’ailleurs dans le reste du Canada, comme l’augmentation immédiate du salaire minimum à 15 $ l’heure, des horaires de travail connus au moins 5 jours à l’avance et au moins 10 jours de congé payés par année pour maladie et raisons familiales pour tous les travailleurs et travailleuses du Québec.

Lors de ce point de presse, le président du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ), Christian Daigle, a déclaré que la réduction de la fonction publique pendant les années du gouvernement Couillard, a déjà causé une sérieuse diminution des services en région qui doit être renversée.

« Couper dans la fonction publique, c’est « couper dans l’os parce qu’il y a longtemps qu’il n’y a plus de gras à couper » a déclaré le président du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), Richard Perron.

Il faisait ainsi allusion à l’affirmation du premier ministre Legault comme quoi, en réduisant les effectifs de la fonction publique, il ne vise qu’à réduire le « gaspillage » qui s’y fait selon lui et non à toucher aux services. Ceci est un mantra de l’offensive antisociale néolibérale, la soi-disant différenciation entre les services administratifs et les services directs à la population, pour justifier le démantèlement des services publics dans leur ensemble et leur privatisation.

Le résultat des coupures dans les ministères du Transport et de la Sécurité publique

Il a été révélé que de tous les ministères du Québec, le ministère des Transports est un de ceux qui ont été le plus saignés à blanc depuis le début ses années 1990. Son personnel a été coupé d’environ la moitié et une grande part de ses activités ont été transférées au secteur privé avec le personnel lui-même. Le personnel expérimenté de la sécurité civile agissant au sein du ministère de la Sécurité publique a été encouragé à partir et les effectifs de techniciens et les effectifs ouvriers ont même connu une baisse absolue de leur nombre de 2004 à 2016.

On l’a bien vu lors de la gestion désastreuse des ministères responsables, le ministère de la Sécurité publique et le ministère des Transports, lors de la tempête de neige qui a frappé le Québec du 11 au 16 mars 2017. Des centaines de personnes ont été coincées dans leur voiture sur une autoroute pour des périodes allant de 4 à 13 heures, sans aide sauf celle que les automobilistes se sont procurée mutuellement et celle des pompiers qui sont intervenus directement en l’absence d’intervention des ministères concernés. Six personnes au moins sont décédées pendant ces journées dans diverses régions du Québec.

C’est à tout cela que les travailleurs de la fonction publique et les autres travailleurs s’opposent, en leur nom et en notre nom.

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